Témoignage

Les super pouvoirs IA d'une DSI : comment Christian Carré a lancé chez Fulli un arbitrage trimestriel en quelques semaines

Christian Carré

Publié par

Christian Carré

in Chef du service IT

Fulli

Fulli

Fulli

Effectif

50 salariés, dont 20 au service IT

Activité

Services de mobilité (badge télépéage, carte de recharge électrique) pour la marque FULLI (MOBILIS)

Super pouvoir préféré

Converser avec son portefeuille pour construire des scénarios

Installer un processus d'arbitrage entre services demandait jusqu'ici un mandat de la direction, une lourde structure PMO et plusieurs semaines de préparation. Christian Carré l'a fait à la tête d'un service IT de 20 personnes, en prenant l'initiative et en s'appuyant sur l'IA à chaque étape.

En quelques mois, du bon sens, de l’énergie et quelques tokens, il a consolidé un portefeuille éparpillé. Il l'a rendu lisible pour les métiers, a organisé ses premiers “Prio Days” sur le modèle du quarter plan, s’est engagé avec AirSaas, puis a préparé l'arbitrage du Q4 en quelques jours, été compris.

Fulli
TémoinChristian Carré, Chef du service IT
ActivitéServices de mobilité (badge télépéage, carte de recharge électrique) pour la marque FULLI (MOBILIS)
Effectif50 salariés, dont 20 au service IT
Portefeuille114 projets référencés dans Airsaas, dont 88 actifs
Usage de l'IA8 sur 10, selon sa propre évaluation
Super pouvoir préféréConverser avec son portefeuille pour construire des scénarios
« Avec l'IA, j'ai acquis une capacité à converser avec mon portefeuille. Je demande des scénarios, j'injecte dans la réflexion les enjeux business en provenance de différentes sources.»
Christian Carré, Chef du service IT, FULLI

Le point de départ : un DSI qui arbitre sans mandat

Chez Fulli, la demande d’investissement IT émane de deux services aux logiques parfois antagonistes, mais tout aussi légitimes. D’un côté, les Opérations cherchent à faire mieux : fiabiliser, automatiser et réduire les coûts de traitement. De l’autre, le Commerce veut faire plus : capter les opportunités d’un marché de la mobilité qui évolue à toute vitesse.

Longtemps, ces deux portefeuilles ont évolué en parallèle pour finalement s'entrechoquer au même endroit : dans le backlog et les plannings des 20 personnes de la DSI. L’IT se retrouvait alors à arbitrer par défaut, sans mandat explicite et sans vision partagée du coût d’opportunité pour l’entreprise.

Dans une organisation de 50 personnes, il n'y a pas encore de structure PMO dédiée. Sans l'IA, Christian aurait dû choisir entre subir la situation ou y consacrer des mois d'efforts. Il a préféré ouvrir une troisième voie.

« Je n'ai pas attendu que cette tension naturelle se résolve d'elle-même. Fin décembre, avec l’accord de ma direction, j'ai pris le lead pour bâtir un système de priorisation collectif. »

Christian pose alors un diagnostic lucide sur sa propre organisation : « On sait mal renoncer. Nos limites capacitaires doivent justement nous y aider. » Tout l’enjeu du chantier : rendre les arbitrages visibles, et assumer ensemble les renoncements nécessaires.

Super pouvoir : voir tout le portefeuille et le rendre lisible (décembre 2025)

En décembre 2025, deux facteurs convergents ont impulsé la démarche.

Le premier est né d’échanges sur LinkedIn avec l’équipe d’AirSaas : un alignement d’idées qui a poussé Christian à « poncer » la méthode du Quarter Plan avant même de toucher à l’outil. Le second vient de son ADN de « geek un jour, geek toujours » : un usage intensif et passionné de l’IA générative, nourri par les progrès fulgurants des LLM et expérimenté sur des cas concrets pour les clients de Fulli.

Restait un obstacle de taille : les demandes et les projets étaient éparpillés dans une multitude d'outils et de formats. Christian a alors mobilisé l’IA pour consolider ces données en une vision unifiée, puis pour vulgariser chaque initiative afin de la rendre intelligible aux non-initiés.

« On ne peut pas demander aux métiers de prioriser s'ils ne comprennent pas les enjeux des autres. Choisir, c'est renoncer : il faut documenter les choix, mais aussi assumer les renoncements. »

Fort de ce socle clarifié, il a pu organiser très vite ses premiers Prio Days : des ateliers dédiés où les directions arbitrent ensemble leurs demandes et le reste à faire, confrontés à la réalité capacitaire d’une équipe IT qui jonglait jusque-là entre deux portefeuilles cloisonnés.

Le déclic : un super pouvoir individuel ne suffit pas à faire tenir un processus

À la fin du premier trimestre, le deuxième Prio Day a révélé les limites de l’exercice. Si l’IA restait un formidable accélérateur pour préparer les sessions, tout reposait encore sur les épaules de Christian : consolidation des données, mise en forme, évangélisation de la méthode. Il était devenu le point de passage obligé.

« L'outil devait me permettre de diffuser et d'ancrer le modèle auprès des équipes, pas de continuer à porter l'exercice seul. »

Le besoin changeait d'échelle : il ne s'agissait plus seulement de préparer un atelier, mais d'installer un référentiel partagé, accessible en continu aux métiers comme à l'IT, avec des règles du jeu claires et uniformes pour chaque projet. En juin 2026, Fulli et AirSaas scellent officiellement leur partenariat.

Super pouvoir : préparer un arbitrage trimestriel en 7 jours durant le mois de septembre

Le set up d'Airsaas, Christian l'a réalisé lui-même en quelques jours, accompagné par Thomas Poitau, co-fondateur d'Airsaas. Quelques questions, quelques bonnes pratiques partagées, l’IA aide le client et l’éditeur à aller plus vite. L'été est passé par là, et début septembre il dispose d'une vision complète du portefeuille pour préparer l'arbitrage du 30 septembre.

La préparation elle-même a pris 7 jours environ, perlés sur une période d’un mois. Assistée par l'IA, des agents et copilot, on va plus vite. Deux usages ont fait gagner ce temps. Le premier consiste à positionner chaque candidat à la priorisation : qualification, découpage, charge, lecture des enjeux. Le second consiste à rendre visible le reste à faire 2026 sur le Q4, avant même de parler des nouveaux projets.

« Le reste à faire, il ne faut jamais l'oublier pour créer des scénarios crédibles. »

Ce point de méthode compte beaucoup. Un scénario qui ignore les projets déjà engagés surestime la capacité disponible, et l'arbitrage se défait dès la deuxième semaine du trimestre.

Ça ressemble à ça : le Prio Day inscrit dans le cycle de vie de chaque projet

Chez Fulli, le processus ne vit pas dans un support de présentation. Il est écrit dans les statuts de chaque projet, et tout le monde sait à quelle étape se trouve sa demande par rapport au prochain Prio Day.

La règle d'or : aucun projet ne démarre sans être passé par un Prio Day, et un projet sorti du quarter le reste jusqu'au suivant.

Le parcours d'une demande :

  1. Pré-qualification avant le Prio Day : la demande est cadrée et rendue lisible pour les métiers.
  2. Prête pour arbitrage au prochain Prio Day.
  3. Décision du Prio Day : lancement d'une étude métier, d'une étude IT, ou d'une réalisation.
  4. Réalisation, recette, mise en production.
  5. Analyse des gains.

À chaque Prio Day, un projet peut aussi sortir du chemin : dépriorisé en attente de capacité à faire, placé hors Quarter Plan, ou retiré du quarter à la demande de son porteur. Ces sorties sont tracées au même titre que les lancements. C'est la traduction concrète du « choisir, c'est renoncer ».

Les chiffres du portefeuille 30 j. après le lancement : 114 projets référencés, dont 88 actifs (76 en cadrage, 12 en réalisation), 11 terminés et 15 abandonnés. Chacun des 15 abandons a été décidé et documenté en Prio Day.

Le rituel support : le Prio Day

Fréquence : Trimestrielle

Format & Durée : Une demi-journée à une journée banalisée, en présentiel de préférence pour favoriser l'alignement direct.

Participants :

  • La Direction IT / DSI (Christian Carré et les Tech Leads / PMs).
  • Les sponsors et représentants métiers des deux pôles clés : Opérations et Commerce.
  • La Direction Générale (en arbitrage final / sponsor).

Au quotidien : un sparring partner

Sur une échelle de 0 à 10, Christian se place à 8 dans son usage de l'IA. Il en tire un bénéfice majeur.

Super pouvoir : converser avec son portefeuille

Une fois le portefeuille structuré dans Airsaas, Christian l'interroge directement, dans l'application comme depuis Copilot. Il demande des scénarios, teste l'effet d'un enjeu business sur l'ordre des priorités, vérifie ce qui tient dans la capacité du trimestre.

« Le contexte et les règles fournis par le set up d'Airsaas guident la réflexion probabiliste d'un LLM. »

C'est le point que retiendra un DSI qui hésite encore. Un LLM branché sur des fichiers épars produit des réponses plausibles. Branché sur un portefeuille où chaque projet porte un statut, un porteur, une étape de Prio Day et une charge, il produit des réponses que Christian peut mettre sur la table devant les métiers.

Avant / après

Avant
1

Deux portefeuilles, opérations et commerce, qui se croisent seulement dans l'agenda de la DSI

2

L'IT arbitre de fait, sans mandat

3

Des demandes dispersées dans des sources hétérogènes

4

Des renoncements implicites, rarement assumés

5

Une préparation qui repose sur une seule personne

6

Le reste à faire découvert en cours de trimestre

7

Des semaines de saisie pour monter un portefeuille dans un outil

8

Des scénarios construits à la main dans un tableur, un par un

9

Des fins de Prio Day où plus personne ne sait ce qui a été mis de côté

Après
1

Un portefeuille unique, lisible par les métiers comme par l'IT

2

Les métiers arbitrent en Prio Day, face à la capacité réelle

3

114 projets référencés, chacun avec son étape dans le cycle de priorisation

4

Des sorties de quarter et des abandons décidés et tracés

5

Un modèle partagé, que Christian prépare en 7 jours avec l'IA

6

Le reste à faire 2026 visible avant chaque scénario

7

Des briefs et des découpages pré-rédigés par l'IA, un portefeuille monté en quelques jours

8

Des scénarios demandés en langage naturel au portefeuille, dans Airsaas ou depuis Copilot

9

Un compte-rendu des choix et des renoncements produit avec l'IA

Les conseils de Christian

1. Prendre le lead sans attendre le mandat

La tension entre donneur d’ordres métier ne se résout pas toute seule. Christian a lancé la démarche fin décembre avec un portefeuille imparfait, plutôt que d'attendre un cadre parfait.

2. Rendre le portefeuille compréhensible avant de demander de prioriser

Un métier ne peut pas arbitrer ce qu'il ne comprend pas.

3. Toujours partir du reste à faire

Un scénario de trimestre commence par ce qui est déjà engagé. Sans ce socle, la capacité affichée est fausse et l'arbitrage ne tient pas.

4. Écrire les renoncements autant que les choix

Les longues journées de Prio Day épuisent tout le monde, et le soir on ne sait plus ce qu'on a mis de côté. Jamais facile mais il faut documenter les conversations, et les décisions, même quand c’est difficile.

5. Brancher l'IA sur des règles explicites

Les réponses deviennent fiables quand le LLM s'appuie sur des règles explicites : statuts projets clairs, capacité au quarter. C'est le travail du set up, et c'est lui qui transforme un assistant bavard en sparring partner.

La suite : décembre, la roadmap 2027

Le prochain rendez-vous est l'arbitrage de décembre pour la roadmap 2027 avec le focus du trimestre 1. Christian veut y installer des temps forts dans la journée : un moment où les leads des équipes contributrices scénarisent, un vrai moment de décision, puis un retour collectif sur ce qui a été tranché. L'objectif est simple à vérifier : sept jours après le Prio Day, tous les arbitrages sont faits et le trimestre est lancé.

Neuf mois après avoir pris le lead, même si tout reste à améliorer, la DSI de Fulli ne subit plus la priorisation. Elle l'organise, et l'IA lui donne le temps de le faire avec 20 personnes-là.

À propos de Fulli

Fulli est la marque mobilité du groupe APRR, filiale du groupe Eiffage. Elle propose une gamme de services conçus pour simplifier la mobilité, notamment les badges de télépéage et les solutions de recharge pour véhicules électriques. Présente en France et en Europe, Fulli accompagne les particuliers et les professionnels dans leurs déplacements avec une ambition simple : rendre les trajets plus fluides, plus pratiques et plus sereins, quelle que soit la destination. Pour accompagner l'évolution des usages, la DSI réunit une vingtaine d'experts qui conçoivent, développent et font évoluer les solutions digitales au cœur de l'expérience client.

Installez votre propre arbitrage trimestriel, assisté par l'IA

Vos demandes viennent de plusieurs directions et votre DSI arbitre sans mandat ? Avec Airsaas, structurez un portefeuille commun, cadencé par le Quarter Plan, que vous pouvez interroger en langage naturel pour préparer vos scénarios.