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Le 4 juillet 20267 min de lectureBertran Ruiz

La visibilité n'est pas un cas d'usage comex

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Bertran RuizBertran Ruiz

dans Il était une fois un CODIR

Le 4 juillet 2026

Il était une fois un CODIR — la newsletter de Bertran Ruiz

Un directeur achète un outil. L'objectif tient en une phrase, celle qu'on retrouve dans tous les business case : « donner de la visibilité au COMEX ». Budget validé, déploiement lancé, équipes formées.

Dix-huit mois plus tard, le bilan. Il y a des dashboards. Il y a des rapports, désormais à moitié générés par l'IA. Il y a même de jolis slides de portefeuille. Tout le monde voit. Et pourtant, personne ne décide rien différemment d'avant. Les mêmes projets dérivent, les mêmes arbitrages se prennent au feeling, les mêmes surcharges explosent en juin.

Comment un outil peut-il livrer exactement ce qu'on lui a demandé, et ne rien changer ?

Parce que la visibilité n'a jamais été la question. C'est même l'inverse : quand une organisation achète un outil « pour avoir de la visibilité », c'est presque toujours l'aveu qu'elle n'a pas su nommer la décision qu'elle voulait prendre. Dix ans à accompagner des ETI et des grands groupes m'ont convaincu d'une chose : on ne souffre pas d'un manque de visibilité. On souffre de ne pas savoir voir quoi, pour qui, et pour décider quoi.

Pourquoi on achète des outils qui ne servent à rien.

« Il nous faut de la visibilité. » C'est sans doute la phrase la plus dépensière du COMEX. Elle paraît évidente, raisonnable, difficile à contester. Et c'est précisément ce qui la rend dangereuse.

Parce qu'elle ne dit rien. Visibilité sur quoi ? Les délais, la charge, les budgets, les risques, les gains, les dépendances ? Pour qui ? Le chef de projet qui pilote sa semaine n'a pas besoin de la même chose que le DG qui arbitre son année. Et surtout : pour décider quoi ? Une visibilité qui ne débouche sur aucune décision n'est pas de la visibilité. C'est de la décoration.

Quand on achète un outil sur ce mot-là, on achète un miroir. Il vous renvoie votre organisation, parfois joliment. Mais un miroir ne tranche rien. Vous voyez la surcharge, et vous la financez quand même, parce que voir n'a jamais été le problème.

L'IA vient de tuer la visibilité comme argument de vente.

Voici ce qui rend cette erreur encore plus coûteuse aujourd'hui qu'hier.

Tout ce qui relevait de « voir, consolider, mettre en forme » est en train de devenir gratuit. Agréger des statuts, sortir un reporting, produire la slide de portefeuille pour le COMEX du lundi : l'IA le fait désormais en quelques secondes, à partir de ce que vous avez déjà dans un Jira, un Asana, un tableur. La visibilité se commoditise sous vos yeux.

Autrement dit, si la promesse d'un outil se résume à « vous verrez mieux », cette promesse vient de perdre toute valeur. Vous n'avez plus besoin d'un outil pour voir. Vous en avez besoin pour décider.

Et la décision, elle, ne se commoditise pas. Parce qu'elle ne dépend pas de la capacité à afficher une donnée, mais de la qualité du processus qui produit cette donnée et de la cadence à laquelle on la confronte à un choix. C'est ça qui reste rare. C'est ça qui crée de la valeur.

Un outil ne vaut que par le processus qu'il sert.

C'est le point que la plupart des achats d'outils oublient de poser : quelle est la nature du processus que cet outil supporte ?

Prenez n'importe quelle catégorie. Un CRM ne vaut rien si le processus commercial en dessous n'est pas clair : qui qualifie, qui relance, qui décide de tuer une affaire. Un outil financier ne vaut rien sans le processus de clôture et d'arbitrage qu'il outille. Un BPM acheté « pour la transparence » alors qu'on a déjà un Jira ne fait que rajouter une couche de visibilité redondante sur un processus que personne n'a défini.

L'opposition que tout le conseil en transformation ressasse, people contre process contre tools, est devenue stérile à force d'être récitée. Le sujet n'est pas de les « aligner » dans l'abstrait. Le sujet est concret et brutal : pour quelle décision choisit-on tel outil, au service de quel processus, opéré par qui. Quand cette chaîne est claire, le ROI suit. Quand elle est floue, l'outil échoue, le processus reste inefficient, et les équipes n'apportent pas leur valeur. Pas par manque d'effort. Par manque de réponse à une question qu'on n'a jamais posée.

Alors posons-la vraiment. Quelles sont les décisions qui méritent qu'une organisation construise un processus continu autour d'elles, et pas juste un dashboard de plus ?

Les trois décisions qui méritent vraiment un processus.

À force d'observer ce qui marche et ce qui rate, je n'en vois que trois. Trois décisions, structurantes, récurrentes, que toute organisation prend déjà, mais le plus souvent mal, parce qu'elle les prend sans processus et sans cadence.

C'est exactement autour de ces trois décisions, et de rien d'autre, que nous avons construit AirSaas. Pas autour de la visibilité. Autour de la décision.

À quoi on dit oui.

La gestion de la demande. Chaque idée, chaque projet candidat, chaque « il faudrait qu'on fasse » devrait être qualifié avant d'entrer dans le portefeuille : relié à une capacité réelle et à un gain attendu. La décision n'est pas « est-ce une bonne idée » (elles le sont presque toutes), c'est « à laquelle on renonce pour faire passer les autres ». C'est l'objet de notre processus de gestion de la demande : transformer un flux d'envies en un arbitrage assumé.

Ce qu'on peut réellement livrer. La scénarisation capacitaire. C'est la chaîne qui va du brief au cadrage, puis à l'estimation des charges par l'IA, jusqu'à la simulation de scénarios : trimestre par trimestre, équipe par équipe, qu'est-ce qui tient vraiment. La décision : quel scénario on engage, sachant ce qu'il déplace. C'est là que se joue le fameux euro sur dix que les organisations gaspillent en finançant une capacité qu'elles n'ont jamais mesurée.

Ce qu'on a vraiment gagné. La gestion des gains. Un business case promet des millions. Presque personne ne vérifie, trois et six mois après, si les gains se sont matérialisés. Sans cette boucle, l'organisation n'apprend jamais, et le prochain arbitrage se reprend à l'aveugle. La décision : qu'est-ce qu'on réinvestit, qu'est-ce qu'on arrête, qu'a-t-on appris.

Ces trois-là ne sont pas des fonctionnalités. Ce sont les trois moments où une organisation décide vraiment de ce qu'elle devient. Un outil qui les sert crée de la valeur. Un outil qui se contente de les afficher en produit zéro.

La vraie question avant d'acheter quoi que ce soit.

Revenons au directeur du début, avec ses dashboards et ses slides générées par l'IA. Son erreur n'a pas été de choisir le mauvais outil. Elle a été de poser la mauvaise question. Il a demandé « comment voir », alors que la seule question qui compte est : décider quoi, par qui, et à quelle cadence.

C'est cette question qui devrait précéder tout achat d'outil, dans n'importe quelle catégorie. Pas « est-ce que ça me donnera de la visibilité », mais « quelle décision, prise par qui, ce processus va-t-il rendre meilleure et plus régulière ». Si vous ne savez pas y répondre, aucun outil ne vous sauvera. Vous achèterez un miroir de plus.

La visibilité n'est pas un cas d'usage. C'est un sous-produit. Le cas d'usage, c'est la décision. Et une organisation qui sait quelles décisions elle veut prendre, pour qui, en continu, n'a plus besoin qu'on lui vende de la visibilité. Elle sait déjà exactement quoi regarder.

AirSaas outille la gestion de la demande et le pilotage de portefeuille : capter les bonnes idées, arbitrer sur la valeur, garder le cap sans réunionite.

Cet article a d'abord paru dans ma newsletter LinkedIn Il était une fois un CODIR, où je raconte chaque quinzaine des situations vécues en comité de direction.

Reprenez le contrôle de votre portefeuille de projets.

AirSaas : gestion de la demande, arbitrage par la valeur, pilotage clair pour le comex.

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